Au creux du bois

  • Installations d’éléments végétaux et pigments dans des boîtes en bois de tilleul (90 x 90 cm et 100 x 40 cm)
  • Sculptures sur écorces de saule (120 x 40 cm)

Les signes et les traces du monde végétal et minéral renaissent dans ses boites en bois de tilleul.
Au cœur des éléments et des formes, Marie-Anne Mouton explore les écorces, les racines ou les lichens et les ordonne dans les couches de matières et de pigments comme dans les strates de la terre.
Dans la série des « Mandalas », des « Nids » ou des « Forêts sacrées » se fait la rencontre d’une nature oubliée.

Je marche dans la forêt,je ramasse les mousses, les branches , les écorces. Ce sont elles qui me choisissent.
Les éléments se réveillent à l’atelier dans une déclinaison intime.
Mystère des apparences : les formes se donnent, s’ordonnent dans le frémissement des matières.
Les éléments se cherchent, se réconcilient dans la découverte mutuelle et se déposent au fond de mes boîtes dans une proximité retrouvée.
Donner un prolongement à la forêt, par une irruption du temps dans un rite inconnu.
Sous l’écorce se fait la rencontre ; les paroles oubliées surgissent dans le bruissement des matières qui s’organisent pour revenir au monde. L’humus, le lichen la mousse étoilée tremblent de leur éternité menacée.
Mais la forêt est un immense réservoir d’espoir.
Dans mes boîtes je protège une part de son secret car elle m’a permis de l’effleurer d’un autre regard.
Dans l’atelier l’espace de la forêt s’accomplit en silence. Au cœur du bois, de ses artères, ombres et lumières se fécondent ; le regard se confie. Les écorces réinventées entourent un cercle ou le forment, les méandres de branches expriment une ogive ou un triangle dans lequel s’abrite le lichen.
Le carré se dessine par la volonté du bois, par sa force constructrice.Le cercle central retient le végétal et le fait vivre dans l’espace. Les nids, les mousses redessinent leurs empreintes, leur histoire, et s’enfoncent dans les couches de pigments comme dans les couches de la terre.M-A.M.